🐇 Faire du développement personnel n’est-il pas en contradiction avec l’acceptation de soi ?

🐇 Faire du développement personnel n’est-il pas en contradiction avec l’acceptation de soi ?

Contexte de la question

Je fais connaissance avec l’ami d’une amie. On discute un peu et je lui parle de Kodori. Et là, il me challenge : est-ce que le développement personnel n’est pas en contradiction avec la totale acceptation de soi ?

La suite des discussions ont fait apparaître cet ami comme plutôt philosophe, et un peu déprimant sur les bords.

Comment ça « Classique Â» ?

Je l’aimais bien.

Réponse

Non, je ne pense pas.

Je vois bien le paradoxe : si l’on s’accepte totalement comme on est, on n’aurait pas spécialement envie de changer, et donc se développer personnellement c’est implicitement se signifier que l’on ne s’accepte pas.

Mais tentons de résoudre le paradoxe.

La première chose que je suppose, c’est qu’il y a du sens à dire que je peux devenir une personne meilleure. Il suffit par exemple de prendre quelques qualités que je trouve admirables et, si jamais demain je progresse dans la bonne direction dans ces qualités, je peux dire que je serai devenu meilleur.

Je dois supposer ainsi car, si pour moi, tout est égal en valeur, le développement personnel n’a pas de sens, et s’accepter non plus. Si je ne peux pas dire : ceci est bien, cela est mieux, cela est moins bien, alors il n’y a aucune idée de progrès.

Justement, faire du développement personnel, c’est progresser en changeant vers cette vision de personne meilleure, plus admirable. Ou, si l’on n’y parvient pas, c’est au moins y mettre des efforts.

Pour ceux qui ont lu Tu es digne d’amour, il s’agit grossièrement de tenter d’avoir une meilleure Note de Style, c’est-à-dire une note globale de votre personne sur tous les critères que vous utilisez pour mesurer votre valeur. À distinguer de la Note d’Amour.

Seulement, dans mon développement personnel, il y a deux choses :

  1. Je ne suis pas encore cette personne meilleure
  2. Mon progrès ne va pas se faire sans échecs et autres erreurs. Et je parle même des erreurs erreurs, c’est-à-dire les erreurs desquelles vous refusez d’apprendre quelque chose.

Ainsi, s’accepter, et on pourrait aussi dire s’aimer, c’est se dire « Je me veux du bien. Je suis OK avec qui je suis aujourd’hui, même si ce n’est pas encore ce que je veux. Je suis OK avec ce que j’ai fait, même si c’étaient des erreurs. Â»

Notamment, ça ne veut pas dire « Wouah, en l’état actuel je suis admirable et tout ce que j’ai fait était sublime Â».

Cette acceptation, cet amour, c’est l’attachement à soi malgré la nullité.

Autrement dit, je peux être dans un certain état, mais (sérieusement) vouloir mieux. Je vais y travailler. Je ne serai pas impeccable dans mon cheminement, mais je me pardonnerai et m’accepterai inconditionnellement.

Si on ne le fait pas, de s’aimer au moins un peu, je pense que l’on va mourir à l’intérieur. Alors ne parlons même pas de poursuivre son épanouissement personnel.

Finalement, on pourrait dire

  • Le développement personnel nécessite l’acceptation de soi (au moins un peu).
  • Le développement personnel est en contradiction avec la totale admiration de soi.

Après une réponse qui ressemblait à celle que je viens d’écrire, cet ami avait l’air assez satisfait et m’a répondu : « Mmmh. En fait, je pense moi-même que les gens en général sont un peu trop doux avec eux-mêmes. Â»

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Une réaction au sujet de « ðŸ‡ Faire du développement personnel n’est-il pas en contradiction avec l’acceptation de soi ? »

  1. J’aime la chute 🙂 Tout à fait d’accord avec ton ami : “… les gens en général sont un peu trop doux avec eux-mêmes. » Beaucoup trop de douceur dans ce monde de bruts.

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