Résoudre tous les problèmes en 7 habitudes – The Seven Habits (2)

Résoudre tous les problèmes en 7 habitudes – The Seven Habits (2)

Dans l’article précédent, je dis que je suis tombé sur le livre de développement personnel The Seven Habits of Highly Effective People, de Stephen Covey, que je tiens en très haute estime.

Lien Amazon…
En VO : The Seven Habits of Highly Effective People
En VF : Les 7 habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu’ils entreprennent

Laissez-moi vous raconter mes impressions et mon expérience vis-à-vis de ce livre.

London is mine

Mai 2015, je pars seul en stage de recherche à Londres pour trois mois. C’est un petit déménagement, donc paf, je suis remis dans un nouveau bac à sable, où tout est à refaire : relations sociales, hobbies, relations professionnelles, routines quotidiennes…

Personnellement, je conçois le voyage/déménagement en deux stades :

1. Le voyage pour la connaissance de soi
2. Le voyage pour l’expression de soi.

Le stade 1, c’est le stade où voyager te casse tous tes châteaux de sable. On a balancé par la fenêtre tes amis, tes connaissances, ton boulot, tes collègues, ta société, ton statut, ta culture, tes habitudes, ta langue. Du coup, il ne reste plus qu’à faire connaissance avec ce qu’il reste : le constructeur. Ton histoire, ta conscience, tes valeurs, tes conceptions du monde, et tes besoins.

Genre le wi-fi.

Au stade 2, tu sais ce que tu es et ce dont tu as besoin, et même, tu sais les obtenir. Donc tu peux reconstruire des châteaux à ton image.

Londres, c’était pour moi un voyage plutôt de stade 2.

En particulier, j’étais excité et optimiste sur la partie obtenir ce dont j’ai besoin. En effet, les 2-3 ans derrière moi avaient été particulièrement animées d’un travail d’apprentissage d’aptitudes sociales. Travail non trivial, car il impliquait notamment de meilleurs modèles mentaux sociaux. Je commençais sérieusement à sortir du statut de l’Introverti timide.

WOW

Ouais. Donc Londres : I’m super excited.

So many problèmes entre les gens

Pendant ces 2-3 années de croissance personnelle accélérée, je fus le témoin d’un drame répété. Les problèmes personnels et relationnels rencontrés par les gens me frappaient de plus en plus, car je prenais conscience des causes profondes de ces problèmes.

Il y a des personnes qui s’engagent volontairement dans des activités qui ne les convainquent pas ;
Il y a des personnes qui se laissent envahir négativement par des choses sur lesquelles elles n’ont aucun contrôle ;
Il y a des “amis” qui se voient alors qu’ils ne s’apprécient pas vraiment ;
Il y a des hommes qui, systématiquement, n’attirent pas le sexe opposé, non pas parce qu’ils ne sont pas des mecs bien, mais parce qu’ils ont de mauvais modèles mentaux ;
Il y a des couples qui veulent s’aimer, mais le mal l’emporte car il n’y a pas de compensation des différences de psychisme ;
Il y a des couples qui sont ensemble mais peut-être pas pour de bonnes raisons ;
Il y a des parents et des enfants qui, d’un côté, s’aiment d’un amour filial, et de l’autre, se disputent de manière extrêmement violente ;
Il y a des inconnus qui interagissent entre eux en étant par défaut malveillants les uns envers les autres ;
Il y a des alliés qui se mettent des bâtons dans les roues ;

et j’en passe.

De manière générale, je prenais conscience de situations quotidiennes où des intentions de bien et d’amour étaient traduites in fine en de la souffrance court et long terme.

Pas cool.

Le fossé d’explication

Y penser provoquait un bouillonnement dans ma tête, qui mêlait les problèmes, les choses qui les expliquent, et les choses qui les solutionnent. C’était désordonné. Moins qu’il y a 3 ans certes, mais c’en était presque plus frustrant.

Une chose est sûre, c’est qu’à ce moment je sais que beaucoup de ces problèmes sont des symptômes de problèmes profonds. De problèmes de paradigmes, pour utiliser un terme central du livre. De problèmes de la manière dont on conçoit le monde.

L’autre chose dont j’étais persuadé, c’était que c’étaient des problèmes solvables.

J’ai tenté quelques formalisations sur papier, et j’ai vu que c’était difficile à faire, donc j’ai remis à plus tard. J’avais ma vie à faire tourner.

Vie qui tournait bien d’ailleurs ; j’avais trouvé à Londres de quoi me consacrer à mes hobbies du moment. J’avais trouvé des compagnons et compagnonnes avec qui j’avais des échanges très satisfaisants (comprendre « grosses discussions stylées »). Et un romantic interest, aussi. Je le précise parce que voilà, il y a 2-3 ans c’était pas gagné.

Et puis une rousse aux yeux verts, super attentive, avec qui tu parles de films à narration non-linéaire, le tout avec un accent londonien, ça motive.

Plus précisément, j’étais fier d’avoir été capable de fréquenter des gens parce que j’appréciais sincèrement leur présence, sous-entendu pas parce qu’ils étaient l’option par défaut.

« Very good read »

Et un jour, petit tour à la bibliothèque de l’université. Au détour d’une étagère, paf, je tombe sur les Seven Habits qu’un ami m’avait déjà cité. Je lis trois pages devant le rayon. Ouhlà, il faut que je m’assoie. 15 pages plus tard : ouhlà il faut que je l’emprunte.

Je passe en caisse avec le livre, et Just My Type : A Book About Fonts.

La jeune caissière me scanne mon livre et déclare « oh, very good read ». Elle ne parlait pas de Just My Type.
Me : Oh yeah ? I was 10 pages in the chapter about proactivity and I feel confused that this is not common teaching.
Her : I know, right ? It’s mind-blowing. You’ll get so many epiphanies.
Scanning machine : *Beep*… *Beep*…
Me : Mmh you know what, I want to share reactions with you when I’m done reading. I need your phone number. We’ll get a coffee or something.
Straight look in her eyes.
Her, writing digits on the receipt : Yeah sure. There you go. Have a good read.  ::cute smile : :
Me : Cool. Cheers !

Ok, à part la première phrase de la caissière, ce dialogue n’a pas eu lieu. Quoi ? les bibliothèques c’est fait pour rêver non ?

Dans les jours qui suivent, j’avale 80 % du livre. Je me revois dans le parc, dans le bus à deux étages, dans mon lit, sur la table, sur mon bureau…


Mais oui c’est exactement ça

En lisant le livre, il me traverse un nombre très restreint de commentaires dont toutes les combinaisons sont possibles :

– Trop vrai 😲
– Trop triste comme exemple 😢
– Trop stylé comme exemple 😃
– Trop bien dit 👌
– Mais pourquoi personne fait ça 😫
– Mais pourquoi tout le monde fait ça 😠
– Mais pourquoi personne sait ça 😱
– Mais ça il faudrait le dire à tout le monde 😱

Le livre semblait répondre parfaitement aux problèmes que je citais plus haut ; problèmes profonds, répétitifs, et pour lesquels un grand besoin de clarté régnait en moi. Non seulement il les expliquait, mais aussi il en donnait des solutions, et ce avec, selon moi, un minimum de dogmatisme.

Quelques éléments de réponse du livre

Je ne vais pas vous refaire tout le livre, donc je vais pointer quelques éléments qui répondaient bien aux problèmes que je constatais.

L’échelle de la maturité

On peut décrire notre développement personnel par une progression qui passe par les trois états suivants : la dépendance 🌑, l’indépendance 🌓 et l’interdépendance 🌕.
Et ce dans quatre dimensions dont les suivantes : intellectuelle et affective.

Je cite le livre :

« La dépendance s’exprime par le paradigme du « vous » : vous prenez soin de moi, vous vous sacrifiez pour moi, et si vous ne vous sacrifiez pas pour moi, je vous reprocherai le résultat.
L’indépendance s’exprime par le paradigme du « je » : je peux faire cela ; je suis responsable, je suffis à mes besoins, je peux choisir.

L’interdépendance s’exprime par le paradigme du « nous » : nous pouvons faire cela ; nous pouvons associer nos efforts, nos talents, nos capacités pour produire quelque chose de mieux.
[…]
Si je suis psychologiquement dépendant, le sentiment de ma valeur et mon besoin de sécurité découlent de votre opinion de moi ; et si vous ne m’aimez pas, le résultat sera désastreux. Si je suis intellectuellement dépendant, je compte sur vous pour penser à ma place, pour réfléchir aux problèmes de ma vie et à leurs solutions.
[…]
Si je suis indépendant mentalement, je pense par moi-même, je peux passer d’un niveau conceptuel à l’autre, penser de façon créative ou analytique, organiser et exprimer mes pensées. J’entérine moi-même mes perceptions et mes sentiments. La façon dont je suis aimé ou traité n’influe pas sur mon opinion de moi-même.
L’indépendance […] est un accomplissement majeur. »

Donc là, je peux me dire qu’en fait, ces 2-3 dernières années, j’atteignais l’indépendance 🌓, et qu’effectivement j’avais le sentiment d’un accomplissement majeur.

Mais, comme dit plus haut, il existe un stade suivant de maturité qui s’appelle l’interdépendance 🌕.

« […] Une vraie indépendance donne la force d’agir au lieu de se laisser guider. Elle nous libère de la dépendance vis-à-vis des circonstances ou des gens. Objectif intéressant et libérateur, elle n’est cependant pas l’ultime idéal d’une vie utile. […]
Si je suis […] interdépendant, je peux me débrouiller seul, je dispose de capacités personnelles, mais je sais également qu’en travaillant ensemble, vous et moi pouvons accomplir des actions de loin supérieures à celles que j’accomplirais tout seul, même en y mettant toute la meilleure volonté. Si je suis affectivement interdépendant, je trouve en moi-même le sentiment de ma valeur, mais je reconnais aussi le besoin d’aimer, de donner, et de recevoir l’amour des autres. Si je suis intellectuellement interdépendant, je comprends qu’il faut associer les meilleurs pensées des autres aux miennes. »

Une subtilité importante est que la situation de dépendance 🌑 ressemble à la situation d’interdépendance 🌕, car ce sont deux situations où l’on est en interaction avec les autres et il s’exerce donc une influence.

Enfin, atteindre 🌕 passe nécessairement par 🌓.

« […] L’interdépendance est réservée aux individus déjà indépendants. Les autres ne disposent pas d’une force intérieure suffisante pour y accéder, ils ne possèdent pas assez d’« eux-mêmes ». »

En résumé :

La maturité se fait dans l’ordre 🌑 > 🌓 > 🌕, et il y a confusion possible entre 🌑 et 🌕 car les situations se ressemblent.

Les 7 habitudes

Le « produit utilisable » de ce livre, ce sont 7 habitudes qui permettent de grimper cette échelle de la maturité. On pourrait croire que ce sont des techniques, mais justement non. Je vous invite à lire un ami très proche à qui j’ai recommandé le livre à l’époque :

The Seven Habits of Highly Effective People est pour moi une source de sérénité et d’énergie pour entreprendre ma vie. Je crois qu’on en a au moins l’intuition : tout est affaire de point de vue ! De point de vue sur notre vie, sur les autres et sur le monde. Nos perspectives et nos représentations déterminent complètement notre manière d’agir et de penser. Mais ce qui est formidable c’est qu’on peut changer de point vue c’est à dire chausser une autre paire de lunette, pour reprendre une métaphore du livre. Une nouvelle paire de lunettes a le pouvoir de nous fournir une image plus juste, ou plus positive, ou plus stimulante de notre vie. The Seven Habits of Highly Effective People nous propose justement une paire de lunette pour regarder notre vie.

C’est une paire de lunette très efficace ! Efficace pour nous permettre d’être dans l’amélioration permanente à l’aide d’un regard positif et orienté vers le changement. C’est dans ce sens que je comprends l’adjectif « Effective » du titre. Les habitudes -habits- dont il est question sont donc des habitudes qui concernent nos manières de voir. En particulier notre manière de voir notre vie et notre manière de voir les autres. Ces habitudes ne sont donc pas des « choses à faire ».

Je le kiffe.

Le rationnement vs. l’abondance

Pensez-vous que dans vos relations amicales, amoureuses, professionnelles et autres, le succès est abondant, ou rationné ?
La mentalité du rationnement, ou de la ressource « à somme finie », dit que la ressource est un petit gâteau. Si quelqu’un prend une part, il y en a moins pour les autres. Si tu as de la reconnaissance, j’en aurai moins. Si tu aimes cette personne, tu m’aimeras moins. Si on fait un marché et que tu gagnes, c’est que moi j’y perds. Si tes projets réussissent, les miens auront moins de chance de réussir. Si on ne fait pas affaire ensemble, mon business va plonger.  Si tu deviens riche, je vais devenir pauvre. Si j’aborde une fille pour la première fois et qu’elle ne m’apprécie pas, je vais mourir.
La mentalité de l’abondance, c’est penser qu’il y en a largement assez pour tout le monde. De l’amour, du succès, de la richesse, de la reconnaissance…

De cette différence de mentalité peut notamment venir la non-habitude de penser gagnant-gagnant (habitude n°4).

Qui pense comme ça dans ses relations levez la main ?

Diriger vs. Gérer

Il est bon de distinguer la différence entre Gérer (= faire les choses bien) et Diriger (= faire les bonnes choses). Un poil de réflexion vous fera ensuite dire que Diriger est prioritaire sur le fait de Gérer. Pour réutiliser sa métaphore :

S’efforcer de grimper sur une échelle, c’est bien, mais encore faut-il s’assurer qu’elle est sur le bon mur.

Oh, et il va sans dire que le bon mur n’est pas le même pour tout le monde.

« Je regrette de ne pas avoir eu le courage de vivre une vie fidèle à moi-même, au lieu de vivre celle qu’on attendait de moi. »

Ce regret est le regret n°1 des gens en fin de vie, selon l’infirmière de soins palliatifs australienne dans The Top Five Regrets of the Dying (VF).

Le plus fou, à propos de cela, c’est qu’on ait besoin de le préciser. Dans combien de situations la gestion précède la direction ? Dans combien de situations on se bat pour faire des choses mais on ne sait plus pourquoi on les fait ? Dans combien de situations le pourquoi est « parce qu’on m’a dit de le faire mais au fond je ne trouve pas ça fou » ?

Si personne n’en parle c’est que c’est super évident. C’est toi qu’est bête.

Ainsi, l’habitude n°2 nous invite à nous demander : qu’est-ce que je veux être et qu’est-ce que je veux faire, et nous invite à nous poser la question genre… maintenant. Pas avant de mourir.

C’est ce qu’a fait une amie à moi après lecture du livre, je la cite (et j’ai dû me battre pour qu’elle veuille bien me parler de son cas personnel !) :

« [Je t’ai fait une appréciation impersonnelle parce que] ce qui m’a plu c’est surtout cette généralisation personnalisable… Après tes lecteurs ils s’en f**tent que j’aime la tolérance et l’honnêteté comme traits de personnalité ou que j’ai décidé de faire un hôpital pour les chiens abandonnés comme objectif professionnel en accord avec mes principes. »

Not sure about that.

Être proactif vs. être réactif, a.k.a la plus grande dichotomie du monde

En deux mots, être proactif c’est utiliser le pouvoir que l’on a de décider la manière dont on va réagir à ce qu’il nous arrive. Nous pouvons être responsables.
Au contraire, être réactif c’est réagir de la manière dont on a été conditionné et surtout d’une manière que l’on a pas choisi. Le réactif se laisse complètement piloter par les conditions extérieures (autrui en fait partie).

Ce qui implique notamment que si quelque chose qui m’arrive ne me plaît pas, je suis capable de ne pas me comporter de manière bof et de re-diriger mon attention vers des solutions auxquelles je peux participer, puis y participer. On peut même dire alors que je ne me préoccupe plus négativement de ce sur quoi je n’ai pas de contrôle. À la place, je me préoccupe de mon cercle d’influence.

On peut y faire de grandes choses, déjà.

Comment ça les Français ne font que de se plaindre au lieu de se concentrer sur les solutions auxquelles ils peuvent participer directement ?
Comment ça ils seraient plus heureux en faisant cela ?


Juste après lecture

Ok. Ce mec a écrit ce que j’aurais voulu écrire avant de mourir, en mieux. Oh, et soit dit en passant,

Ce qui est dit dans ce livre peut faire réussir chacun

I’ve got to talk to friends about that.


Les deux années suivantes

Empathie consciente

Le livre décrivait des choses derrière moi, et des choses devant moi. Après lecture et jusqu’à aujourd’hui, j’ai essentiellement exploré l’habitude n°5. L’habitude n°5 parle du fait d’essayer, activement, de comprendre l’autre. On m’a déjà dit que j’étais d’une bonne oreille, mais après le livre je l’ai fait plus consciemment.

Je rêve ou tu te la pètes

Et là, c’est super wow. Ce n’est plus de l’efficacité, c’est de la beauté, de l’harmonie. C’est sublime. Je pense réellement qu’il y a une résolution de la tension entre écouter et être efficace. On peut résoudre le paradoxe « écouter les gens, c’est bien, mais c’est bien que pour eux, donc je reviendrai plus tard ».

Ce n’est pas facile d’écouter activement. Il existe peu d’exemples « publics ». Mais c’est tellement gratifiant de le faire, et tellement incroyable de le sentir. Et c’est tellement pas l’objet de cet article donc je ne vais pas développer. Néanmoins, je peux maintenant dire plutôt :

Ce qui est dit dans ce livre peut sauver le monde

Améliorations

Tout ne m’est pas allé parfaitement. Et depuis que j’ai lu ce livre, il y a d’autres clés très puissantes que j’ai pu découvrir et appliquer. Entre ça et les choses que j’ai moi-même conçues, j’aimerais tout refondre dans un grand livre qui serait peut-être encore plus pratique, tout en restant personnalisable. Qui sait, si Kodori fonctionne…

Donc si vous êtes un peu perdus…

…et que vous voulez bien renoncer à du temps Facebook, achetez-vous le livre, allez dans l’herbe et lisez un chapitre 😃.

 

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5 réactions au sujet de « Résoudre tous les problèmes en 7 habitudes – The Seven Habits (2) »

    1. Merci ! J’avais déjà vu la vidéo. Et j’avais oublié sa troisième idée qui est que, en plus du fait que le savoir est « non-rival », il est synergique. Une personne qui connaît deux savoirs en produit un troisième (la tierce connaissance).
      Ça me parle beaucoup !

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